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Pourquoi les régimes font-ils souvent reprendre du poids ?

Photo du rédacteur: Fabienne BONNET
Fabienne BONNET
il y a 3 heures
7 min de lecture

Tu as peut-être déjà vécu cette situation.


Tu commences un régime, tu fais attention à ce que tu manges, tu réduis les quantités et, au bout de quelques semaines, tu vois les chiffres descendre sur la balance.

Tu es contente. Tu as l'impression d'avoir enfin trouvé la bonne méthode.


Mais quelques mois plus tard, les kilos commencent à revenir.

Parfois lentement. Parfois beaucoup plus rapidement que tu ne l'aurais imaginé.


Et tu te demandes :

« Pourquoi est-ce que j'arrive à perdre du poids, mais pas à le maintenir ? »


Tu finis peut-être par penser que tu manques de volonté, que tu n'es pas assez disciplinée ou que tu as tout gâché.


Pourtant, la reprise de poids après un régime ne s'explique pas uniquement par la volonté.


Elle peut être liée à des mécanismes biologiques, à la difficulté de maintenir certaines restrictions et à des habitudes alimentaires qui n'ont pas réellement changé.


Comprendre ces mécanismes permet de porter un autre regard sur les régimes et sur ce qui rend la perte de poids durable si difficile.


Pour comprendre pourquoi les régimes font reprendre du poids, il faut s'intéresser à la fois aux réactions de notre organisme et à nos habitudes alimentaires.


Carnet de régime ouvert avec une liste barrée, posé sur une table à côté d'une assiette équilibrée et d'un mètre ruban rose, illustrant les restrictions alimentaires.

Pourquoi perd-on du poids au début d'un régime ?


La plupart des régimes amaigrissants reposent sur un principe commun : ils conduisent à consommer moins d'énergie que l'organisme n'en dépense.

C'est ce qu'on appelle un déficit énergétique.


Quand ce déficit se prolonge, le corps puise dans ses réserves et le poids peut diminuer.

Certains régimes obtiennent ce résultat en limitant les portions, d'autres en supprimant certaines catégories d'aliments, en imposant des horaires ou en réduisant fortement les apports caloriques.


Il faut donc reconnaître une chose : oui, un régime peut faire perdre du poids.

Mais perdre du poids et maintenir cette perte sur plusieurs années sont deux défis différents.


La difficulté apparaît souvent lorsque les règles du régime deviennent trop contraignantes pour être conservées dans la vie quotidienne.


Pourquoi le corps réagit-il à la perte de poids ?


Ton organisme ne reste pas complètement passif lorsque tu perds du poids.

Plusieurs adaptations peuvent se produire.


Tes dépenses énergétiques diminuent


Lorsque ton poids baisse, ton corps a généralement besoin de moins d'énergie pour fonctionner et se déplacer.

C'est logique : déplacer un corps plus léger demande souvent moins d'énergie.


Mais il peut aussi exister une adaptation supplémentaire, appelée thermogenèse adaptative.


Chez certaines personnes, les dépenses énergétiques diminuent davantage que ce que la seule perte de poids et les changements de composition corporelle permettraient de prévoir.

L'ampleur de cette adaptation varie selon les individus et les circonstances.


Cela ne signifie pas que le métabolisme est définitivement abîmé.

Cela signifie simplement que les besoins énergétiques peuvent évoluer pendant et après une perte de poids.


La faim peut augmenter


La perte de poids peut également modifier les signaux biologiques impliqués dans la régulation de l'appétit.


Certaines hormones liées à la faim et à la satiété évoluent, et il devient parfois plus difficile de se sentir rassasiée avec les mêmes quantités.


Tu peux alors avoir davantage faim qu'au début de ton régime.

Et cette faim n'est pas nécessairement le signe d'un manque de discipline.


C'est aussi une réponse possible de ton organisme à la perte de poids.


Les aliments peuvent devenir plus attirants


Quand tu restreins fortement ton alimentation, certains aliments peuvent occuper davantage de place dans tes pensées.


Tu remarques plus facilement les pâtisseries dans une vitrine, tu anticipes ton prochain repas ou tu penses souvent à ce que tu t'interdis.


La restriction peut donc rendre le contrôle alimentaire plus coûteux mentalement.

Ce phénomène n'est pas systématique, mais il peut contribuer à rendre un régime difficile à maintenir.


Pourquoi les interdits alimentaires peuvent-ils favoriser les excès ?


Imagine que tu décides de ne plus manger de chocolat.


Au début, tout se passe bien.

Tu refuses le carré proposé avec le café. Tu n'en achètes plus. Tu te félicites de tenir bon.

Mais au fil des jours, tu commences à y penser davantage.

Un soir, après une journée fatigante, tu en manges quelques carrés.


Et là, tu te dis :

« Tant pis, j'ai craqué. Maintenant que c'est fichu, autant finir la tablette. »


Ce n'est pas forcément le chocolat qui pose problème.

C'est parfois la manière dont tu interprètes le fait d'en avoir mangé.


Lorsque les aliments sont classés en deux catégories — ceux qui sont autorisés et ceux qui sont interdits — le moindre écart peut être vécu comme un échec.


C'est ce qu'on appelle parfois le raisonnement du tout ou rien.


Et ce raisonnement peut favoriser une alternance entre contrôle strict et perte de contrôle.

Il est important de préciser que toutes les formes de restriction ne provoquent pas ces réactions chez tout le monde.


Mais lorsque tu constates que tes interdits alimentaires alimentent les envies, la culpabilité ou les excès, cela mérite d'être exploré.


Pourquoi les régimes font reprendre du poids : le retour des anciennes habitudes.


Un régime peut modifier temporairement ce que tu manges sans forcément changer les raisons pour lesquelles tu manges.


Pendant quelques semaines, tu suis un programme précis.

Tu sais quels aliments choisir, quelles quantités respecter et ce que tu dois éviter.


Mais une fois le régime terminé, tu retrouves ton quotidien.

Les journées chargées, les repas de famille, les contrariétés, les invitations, la fatigue et les envies de réconfort sont toujours là.


Et si tu n'as pas appris à composer avec ces situations autrement, tes anciennes habitudes peuvent progressivement revenir.


Prenons un exemple.


Si tu as l'habitude de manger du chocolat le soir pour décompresser, le supprimer pendant un régime ne t'apprend pas nécessairement à gérer la tension accumulée pendant la journée.


Tu peux réussir à t'en passer quelque temps.

Mais lorsque la restriction s'arrête, le comportement peut réapparaître.


Changer durablement son alimentation ne consiste donc pas seulement à modifier le contenu de son assiette.


Cela peut aussi nécessiter de comprendre les habitudes, les émotions et les situations qui influencent les prises alimentaires.


Le piège du « je recommence lundi »


Tu as peut-être déjà prononcé cette phrase :

« Bon, cette semaine, j'ai fait n'importe quoi. Lundi, je m'y remets sérieusement. »


Ce raisonnement peut sembler motivant.

Mais il entretient parfois un cycle difficile.


Tu alternes entre des périodes où tu contrôles beaucoup ton alimentation et d'autres où tu as l'impression de ne plus rien contrôler.


Pendant les périodes de restriction, tu essaies d'être irréprochable.

Puis, au moindre écart, tu te décourages et tu repousses le retour à une alimentation équilibrée au lundi suivant.


Le problème est que ce fonctionnement ne laisse pas beaucoup de place à la souplesse.

Or, une alimentation durable doit pouvoir s'adapter aux imprévus, aux repas festifs et aux journées où tout ne se déroule pas comme prévu.


Tu n'as pas besoin d'attendre lundi pour retrouver tes habitudes.

Tu peux simplement reprendre le cours normal de tes repas, sans compensation excessive ni punition.


Est-ce que tous les régimes entraînent une reprise de poids ?


Non.

Il serait faux d'affirmer que toutes les personnes qui suivent un régime reprennent systématiquement leur poids.


Certaines réussissent à maintenir une perte de poids importante sur plusieurs années.

Mais le maintien demande souvent des ajustements durables, et les résultats varient considérablement d'une personne à l'autre.


La méthode utilisée, son degré de restriction, l'environnement, le sommeil, l'activité physique, les traitements éventuels, les facteurs biologiques et les habitudes alimentaires peuvent influencer l'évolution du poids.


Il est également important de distinguer une reprise partielle d'une reprise complète.

Reprendre quelques kilos après une perte de poids ne signifie pas nécessairement revenir à son poids initial.


La question intéressante n'est donc pas simplement :

« Est-ce que ce régime fait maigrir ? »


Mais aussi :

« Est-ce que les changements qu'il demande sont compatibles avec ma vie sur le long terme ? »


Comment sortir du cycle des régimes et des reprises de poids ?


Il n'existe pas de solution universelle.

Mais plusieurs pistes peuvent t'aider à construire des habitudes plus durables.


1. Abandonner les règles impossibles à tenir


Si une méthode t'oblige à renoncer définitivement à tous les aliments que tu aimes, demande-toi si tu pourras réellement la suivre pendant plusieurs années.

Une alimentation équilibrée peut aussi inclure des aliments choisis pour le plaisir.


2. Retrouver des repas suffisamment rassasiants


Chercher à manger le moins possible n'est pas toujours une bonne stratégie.

Des repas variés, avec des quantités adaptées à tes besoins, peuvent aider à limiter une faim excessive et à mieux réguler les prises alimentaires.


3. Observer les moments où tu manges sans faim


Tu peux parfois manger pour te réconforter, te détendre, t'occuper ou simplement parce qu'un aliment est disponible.

Il ne s'agit pas de considérer ces comportements comme interdits.


Mais si certains te posent problème, essaie d'identifier ce qui les déclenche.

La question peut devenir :

« De quoi avais-je besoin à ce moment-là ? »


4. Sortir du raisonnement du tout ou rien


Un repas plus copieux, un dessert ou une soirée au restaurant ne détruisent pas tous tes efforts.

Ce qui compte davantage, ce sont les habitudes qui se répètent dans le temps.

Tu peux manger différemment lors d'une occasion particulière sans avoir besoin de compenser le lendemain.


5. Choisir des changements progressifs


Plutôt que de transformer toute ton alimentation en une semaine, commence par identifier une ou deux habitudes sur lesquelles tu souhaites agir.


Par exemple, prendre le temps de déjeuner, prévoir des repas plus satisfaisants ou intégrer davantage de mouvement à ton quotidien.


Des changements modestes mais réguliers peuvent être plus faciles à maintenir que des règles très strictes.


6. Ne pas tout mesurer avec la balance


Le poids est un indicateur parmi d'autres.

Ton niveau d'énergie, ta qualité de sommeil, ta force, ta santé et ta relation à l'alimentation comptent également.


Une démarche qui améliore ces aspects peut être bénéfique, même lorsque la perte de poids est plus lente que prévu.


Et si le problème n'était pas de trouver un régime de plus ?


Après plusieurs tentatives, il est tentant de penser que la prochaine méthode sera enfin la bonne.

Un nouveau programme, une nouvelle liste d'aliments autorisés, de nouvelles règles.

Mais avant de recommencer, il peut être utile de regarder ce qui s'est passé lors des expériences précédentes.


Qu'est-ce qui était facile à suivre ?

Qu'est-ce qui devenait trop contraignant ?

À quel moment les anciennes habitudes revenaient-elles ?

Quels changements avais-tu réellement envie de conserver ?


Ces questions peuvent t'aider à distinguer les ajustements utiles des contraintes qui ne te correspondent pas.


Car la difficulté n'est pas toujours de savoir quoi manger pour perdre du poids, mais de trouver une façon de manger que tu peux conserver dans la durée.


Et cela demande parfois de s'intéresser autant à tes comportements qu'à ton alimentation.

Tu n'as pas besoin de recommencer éternellement à zéro.


Tu peux aussi apprendre de tes expériences précédentes pour construire une approche plus souple, plus réaliste et mieux adaptée à ta vie.


Sources scientifiques pour approfondir

  • Sumithran P. et al. (2011). Long-Term Persistence of Hormonal Adaptations to Weight Loss. New England Journal of Medicine. DOI : 10.1056/NEJMoa1105816.

  • Hall K. D. et Kahan S. (2018). Maintenance of Lost Weight and Long-Term Management of Obesity. Medical Clinics of North America. DOI : 10.1016/j.mcna.2018.01.002.

  • MacLean P. S. et al. (2011). Biology's Response to Dieting: The Impetus for Weight Regain. American Journal of Physiology – Regulatory, Integrative and Comparative Physiology. DOI : 10.1152/ajpregu.00755.2010.


Fabienne BONNET La Fée Toi Plaisir 🧚

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